Une étude américaine s’alarme de la présence de cette substance sur les tickets de caisse thermosensibles. Pour les autorités sanitaires françaises, c’est une voie d’exposition tout à fait secondaire qui n’a pas lieu d’inquiéter outre mesure.
Malgré une étude scientifique américaine alarmiste sur la présence dans les tickets de caisse de bisphénol A (BPA), un produit jugé dangereux dans certaines conditions, l’Agence nationale française de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) s’est voulu rassurante. La présence de cette substance dans les tickets de caisse en papier thermique, connue de longue date, est une voie d’exposition tout à fait secondaire qui n’a pas lieu d’inquiéter outre mesure.
Le BPA se trouve parmi différents plastiques, dont ceux des bonbonnes d’eau, ainsi que dans des résines couvrant l’intérieur de canettes et boîtes de conserve. Perturbateur endocrinien, auquel l’homme est principalement exposé par la voie alimentaire, il a par ailleurs été interdit dans la composition des biberons en France. Mais il est également présent dans les papiers thermosensibles tels que tickets de caisse, de parkings, de distributeurs de billets.
Concentration mille fois plus élevé que la normale
Et c’est justement sur ces supports que l’enquête d’une ONG américaine s’est penchée. Ainsi, selon l’Environmental Working Group (EWG), le BPA serait présent dans 40% des reçus et tickets de caisse imprimés par les supermarchés, les distributeurs de billets et autres commerces. Dans certains cas, la concentration debisphénol A serait même mille fois plus élevée que celle généralement présente dans une boîte de conserve. « Lorsque vous laissez traîner un reçu pendant des mois dans votre portefeuille, vous répandez du BPA chez vous, dans votre environnement », a expliqué Sonya Lunder de l’ONG au Washington Post. « Jeter un ticket de caisse dans le sac à provisions pourrait contaminer son contenu (fruits…) ou la tétine dans le sac à main », ajoute-t-elle.
Mais, pour Marie-Hélène Loulergue, directrice adjointe de la direction Santé Alimentation de l’Anses, il n’y a « pas de motifs d’inquiétudes particuliers pour le consommateur, en l’état des connaissances« . Quant à savoir quelle quantité de cette substance chimique est susceptible de passer au travers de la peau, « il y a trop peu de données« , commente la responsable. « Cette voie d’exposition, par le biais de certains papiers thermosensibles, est considérée comme tout à fait secondaire par rapport à la voie alimentaire qui est la principale chez l’homme », ajoute-t-elle. L’Anses « poursuit ses travaux sur le BPA notamment en ce qui concerne ses usages autres qu’alimentaires à la demande du gouvernement, y compris dans les aspects de risque professionnel » (ndlr: pour les caissiers).
Source : TF1
